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L’UPJB est heureuse de s’associer à la sortie du livre

Ni victime ni coupable, enfin libérés

de Simon Gronowski, Koenraad Tinel, David Van Reybrouck

Diffusion le 13/03 à 22h30 sur artebelgique, le 25/04 à 22h45 sur la deux et le 23/04 sur Canvas.

C’est en février 2011 que les deux hommes, l’un fils d’une mère juive déportée, Simon Gronowski, l’autre, fils de nazi, Koenraad Tinel, se sont rencontrés à l’initiative de Sacha Rangoni, jeune garçon de 16 ans à l’époque, moniteur à l’UPJB. Il connaissait Simon qui était déjà venu parler devant les jeunes du mouvement ; Koenrad Tienel, il l’avait découvert lors d’une représentation de son spectacle au Théâtre national. L’idée de les réunir est venue de lui...(cf. Sacha Rangoni, « Une rencontre intense », Points Critiques n°325, avril 2012)

De cette rencontre est née un documentaire puis un livre. Mis en mots par Simon Gronowski, en images par Koenraad Tinel et en perspective par David Van Reybrouck, ce récit à quatre mains se débarrasse de tout cliché pour cibler le cœur des hommes, au-delà de toute appartenance raciale, ethnique, religieuse ou idéologique.

Extrait du texte Solitude et compassion de David Van Reybrouck

(…) Je me suis entretenu avec tous deux le 30 octobre 2012. Deux hommes avec un passé indélébile, deux hommes qui s’étaient tus des décennies durant. Aujourd’hui, les voilà ensemble, radieux comme des gamins. « Nous sommes aussi proches que des frères, a dit Simon, ouvertement euphorique, cela nous a réussi. » « C’est vrai, a renchéri Koen, le coin de l’œil humide, nous sommes devenus de vrais frères. » Abstraction faite de ce qui les séparait, ils se sont découvert bien des points communs dans leur enfance : tous deux ont été chez les scouts, tous deux ont appris à jouer du piano et tous deux ont souffert d’énurésie nocturne – une conséquence de la guerre, à n’en point douter. Mais leur amitié n’est pas qu’une question de souvenirs d’enfance communs. Simon n’a laissé planer aucun doute : « Cette rencontre a changé ma vie. Je ne suis plus une victime ; Koen m’a aidé à m’en sortir. »

« Toi aussi, tu m’as aidé, Simon. Le poids que je porte en raison de ma famille, tu le comprends. » Simon a hoché la tête. La conversation oscillait entre le néerlandais et le français. « J’étais trop jeune pour être embrigadé, a poursuivi Koenraad, mais si j’avais été un peu plus âgé... Ton amitié est tellement importante pour moi. C’est une libération, un soulagement. »

Deux hommes d’âge plus que mûr dans un élégant cabinet de travail à Bruxelles, l’un avec un prénom germanique, l’autre, hébraïque. Un rare moment de silence est passé. Puis : « C’est formidable, Koen. Quel bonheur, quelle vraie joie. »

Lire Simon, c’est entrer en contact avec une générosité hors du commun, et cette notion vous laisse pantois. Comment quelqu’un qui s’est retrouvé seul au monde à l’âge de treize ans peut-il écrire : « Je n’éprouve aucune haine, seulement du chagrin pour le bonheur qui a été si aveuglément détruit » ? Comment ce Simon qui apprend aujourd’hui ce qu’ont fait les adolescents qu’étaient les frères de Koenraad – servir quatre ans au front de l’Est et défendre le bunker d’Hitler pour l’un, arrêter des Juifs, garder le fort de Breendonk et la caserne Dossin, assister à des exécutions pour l’autre – comment ce Simon peut-il écrire : « S’ils me le demandaient et s’ils regrettaient honnêtement leurs actes, je leur pardonnerais parce qu’ils sont plus des victimes que des bourreaux. Je le ferais en premier lieu pour moi-même, pour sentir que je me dépasse. Le pardon n’offre que peu à celui qui le demande, mais beaucoup à celui qui l’accorde. Il chasse l’amertume et rouvre la voie de la vie. » ? Comment cela est-il possible, sachant que le frère qui était à la caserne Dossin malinoise y travaillait quand Simon y a été embarqué pour Auschwitz ? Peut-être se tenait-il même dans la haie que formaient les SS armés de fusils entre le portail de la caserne et la gueule sombre des wagons à bestiaux, lorsque Simon et sa mère ont dû s’y engouffrer, le 19 avril 1943 ?(…)

À l’occasion de la sortie aux éditions Renaissance du livre, Ni victime, ni coupable, enfin libérés de Simon Gronowski, Koenraad Tinel et David Van Reybrouck,

ARTE Belgique consacre un Quai des Belges à l’amitié naissante entre les deux hommes, l’un fils d’une mère juive déportée, Simon Gronowski, l’autre, fils de nazi, Koenraad Tinel, avec le documentaire produit par la VRT « Enfants de guerre » Oorlogskinderen, de Marianne Soutewey.

Hadja Lhabib recevra sur son plateau, enregistré à la Kazerne Dossin, à Malines, le tout nouveau musée de l’Holocauste et des Droits de l’Homme, Sacha Rangoni, l’initiateur de la rencontre, dont nous verrons des images filmées à l’UPJB par Bénédicte Blondeau, pour la plateforme d’éducation aux médias de la communauté flamande (www.ingebeeld.be), Simon Gronowski, Herman Van Goethem, l’historien et responsable du musée, l’écrivain David van Reybrouck ainsi que Frédérique Mawet, directrice du Cirée accompagnée de 2 demandeurs d’asile.

Diffusion le 13/03 à 22h30 sur artebelgique, le 25/04 à 22h45 sur la deux et le 23/04 sur Canvas.

Portfolio


Article mis en ligne le mardi 12 mars 2013.

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